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Le projet de 4 ème pont à Perpignan.

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Le trafic de voitures particulières continue d'augmenter, et provoque des problèmes insurmontables à la ville. Lestationnement oblige à construire à grand frais des ouvrages souterrains, et à subir le parking sauvage sur les trottoirs. Les transports en commun sont, chaque jour, coincés dans les embouteillages. Ils sont donc inefficaces, et sont boudés par les usagers. Les boulevards sont élargis à deux voies pour absorber les bouchons du matin, du soir et de la mi-journée, mais cela accélère les bolides le reste de la journée, et confisque les voies qui pourraient être réservées au bus. Les piétons se sentent en danger partout en ville, on y subit le bruit des moteurs et des klaxons, l'odeur du gasoil brûlé... Enfin et surtout, alors que le protocole de Kyoto entre en vigueur le 16/02, la pollution de l'atmosphère ne cesse d'augmenter.

En conséquence, la plupart des villes françaises qui ont connu les mêmes problèmes se tourne résolument vers la baisse de la place de la voiture, et développe les transports en commun (bus, tram), la bicyclette, la marche à pied. Le Plan de Déplacements Urbains (PDU) de Perpignan, avec quelques années de retard, se gargarise aussi avec quelques idées à la mode. On va donc "maîtriser la croissance du flux automobile", "privilégier les transports en commun, le vélo, la marche à pied", "permettre les liaisons douces" entre les quartiers. Mais quels sont les projets d'aménagement qui vont permettre d'atteindre ce paradis ?

  • Une nouvelle rocade à l'ouest de la ville, à 2x2 voies pour les voitures.

  • Une nouvelle rocade à l'Est de la ville, à 2x2 voies pour les voitures.

  • Un pont à 2x2 voies sur la Têt, pour envoyer les voitures de la rocade Ouest vers Saint Assiscle.

  • Des parkings souterrains en ville (place République, caserne Dagobert, boulevard Wilson, Quai de L. de Tassigny, ...)

  • Des parkings en périphérie.

  • Et enfin, un nouveau Pont sur la Têt au centre de la ville, au niveau de l'avenue Roudayre et de la rue des Coquelicots, à 2x2 voies pour voiture.

Nous ne comprenons pas le rapport entre ces intentions et ces actes. Comme en 1960, on affirme que la création de nouvelles routes va faire baisser le trafic, en sachant que c'est un mensonge. Tous ces nouveaux aménagements en faveur de la voiture, qui sont coûteux, irréversibles, vont inciter un peu plus à son utilisation, et par voie de conséquence, vont dévaloriser les transports en commun, et dégrader les conditions de circulation des piétons et des vélos.

Un Tablier à 4 voies :

En ce qui concerne ce 4eme Pont, dont la consultation publique s'achève aujourd'hui, on se demande pourquoi il est conçu à l'usage exclusif de la voiture, à laquelle on consacre les 4 voies de circulation. On avait pourtant entendu qu'on y réserverait de la place pour les transports en commun et pour une piste cyclable dans les deux sens. On peut sans peine prévoir que les bus y seront coincés dans les bouchons. Quant aux piétons et aux vélos ils se partageront comme ils pourront l'espace restant sur le coté. On verra, le chantier fini, comment les vélos devront monter sur le trottoirs, ou en descendre... et on peut s'attendre, comme d'habitude, au pire. Pour le moment on préfère s'occuper du bien-être des automobilistes.

Rond point impraticable :

De chaque coté du pont, de grands rond-point permettront l'accès à l'ouvrage pour les voitures. Evidemment, on oublie que ces équipements sont très difficile à franchir pour les piétons, et les obligent à faire d'insupportables détours. Mais en plus on n'écrit pas un mot sur leur aménagement pour les cyclistes. On sait pourtant qu'ils constituent des points noirs dangereux pour les circulations cyclables, et le CERTU a publié de nombreuses recommandations pour les aménager en diminuant leur danger. Ce problème est totalement oublié dans le projet, même si on a pris soin de dessiner un vélo sur l'image de synthèse, parce que c'est à la mode !

Piste cyclable inaccessible :

Sous le pont et sur chaque rive, les clochards pourront dormir sur une piste cyclable. On ne sait pas d'où elle vient ni où elle va, mais on sent bien qu'il y avait là un peu d'espace inutile pour les voitures, et qu'on pouvait donc l'accorder à des moyens de transport non polluants. Le plus triste, c'est qu'on n'a pas pensé que les vélos qui y circuleraient (?) pourraient avoir envie de rejoindre le pont, la rue des coquelicots, ou l'avenue Roudayre. Aucun mot sur cette possibilité ! Le réseau pour les voitures est bien décrit en totalité, mais pour le vélo, on fait apparaître ainsi un segment non raccordé.

Loi sur l'air :

Pourtant la loi (il ne s'agit plus de recommandations !) prévoit que toute création d'artère, s'accompagne de la conception d'un itinéraire itinéraire cyclable équivalent à celui des autos. Ici, les voitures jouissent d'une traversée supplémentaire de la rivière, mais pas les vélos. Ce projet serait-il illégal ? Faudra-t-il saisir un tribunal pour en décider ?

Vélo amphibie :

Seule bonne nouvelle, page 7 du dossier, le passage à gué est évoqué, et est destiné aux piétons et aux vélos. Mais ce projet n'est pas décrit par plus d'une phrase, aucun plan, aucune connexion avec le réseau. Cette inquiétude est aggravée par les déclarations récente de la mairie qui affirmaient que ce passage à gué allait disparaître.

Peut-on véritablement parler de consultation du publique, lorsque le projet est présenté de façon aussi floue, et avec autant de contradiction ? L'association "Vélo En Têt" se déclare donc opposée à ce projet, et réclame une véritable politique de transport écologique, durable, et un moratoire sur les aménagements favorisant l'utilisation de l'automobile.