Six ans de location BIP

Historique

BIP (Bicyclette Perpignan) est le service de vélos en libre service de la ville de Perpignan. En février 2008, juste avant les élections municipales, Clear Channel a été retenu pour la mise en place et la gestion de ce service sur des critères qui ne nous ont pas été communiqués, et malgré des critiques de Vélo en Têt tant sur l’emplacement des stations BIP que sur l’absence de possibilité de prendre un vélo avec une simple carte bleue. Nous n’avons pas eu connaissance du contrat passé pour 10 ans entre la Mairie de Perpignan et Clear Channel en 2008

Ce que nous avons pu savoir par la suite:

  • le contrat est basé sur l’abandon des droits de location sur les panneaux publicitaires figurant sur les abribus de la ville. Il semblerait que cela représente environ 800.000 EURO/an.
  • en compensation Clear Channel met à disposition 15 stations BIP équipées chacune de 20 vélos et en assure le fonctionnement et la maintenance.

La situation après 6 ans

Le nombre d’abonnements (dont 1000 gratuits la première année) est en chute continue: 1800 en 2008, 700 en 2009, puis 600 jusqu’à 300 cette année. En cause, sans doute, la mauvaise implantation des stations (3 ont été déplacées) qui sont trop localisées au centre-ville (où l’on peut se déplacer à pied, ou avec un P’titbus gratuit), alors que nous demandions qu’elles soient placées en première couronne et en étoile afin de permettre aux habitants des zones pavillonnaires ou des quartiers HLM de converger vers le centre sans avoir besoin de prendre leur voiture ou un abonnement aux transports en commun.

Sans doute aussi le mauvais équipement des vélos qui au départ ne disposaient pas d’antivol, et qui souffrent toujours de leurs petites roues et d’un panier peu pratique à l’avant. Et enfin de la médiocre « cyclabilité » de Perpignan qui est très en retard dans le domaine des transports doux.

Le dernier handicap de BIP est son coût rédhibitoire d’extension. En effet toute installation d’une station supplémentaire est à la charge exclusive de la Mairie et représente un investissement de départ de 150.000 EURO et une extension du contrat pour la maintenance… (non chiffrée).

Dernier point: l’agglomération de Perpignan qui représente 250.000 habitants compte presque un vélo par habitant (zone plane et très ensoleillée), si bien que nombre de cyclistes utilisent leur vélo personnel. C’est aussi une des causes de la désaffection de BIP qui ne marche bien que pendant « Visa pour l’Image » fin août début septembre, avec la location à la semaine (enfin permise depuis 2 ans) par les photo-reporters accourus en nombre du monde entier.

A lire sir ce site : Louer un vélo à Perpignan
Le site de BIP

Une avancée pour les Double-Sens Cyclables !

près 4 ans de procédure, Vélo en Têt a reçu le jugement de la cour administrative d’appel de Marseille, devant laquelle elle contestait le déploiement incomplet des double-sens cyclables (DSC) en centre ville de Perpignan.

La Cour a donné raison à l’association pour cinq des treize rues en litige. Le maire est enjoint de prendre un nouvel arrêté dans les six mois pour mettre en place les DSC sur l’axe Place Catalogne-La Basse via la place Bardou Job, et la rue Foch. Bien que cette victoire ne soit que partielle, elle est cependant un signe très positif pour les associations cyclistes, car la Cour affirme très clairement que le maire, par principe, « doit prévoir des chaussées à double sens pour les cyclistes » et en conséquence « doit prévoir un aménagement » de ces chaussées.

Vélo en Têt se félicite de cette décision tout en regrettant que le tribunal n’ait pas suivi nos arguments sur les plus petites rues du hypercentre ce qui aurait permis des parcours directs pour les cyclistes sans aménagements spécifiques à condition de limiter la circulation de transit. Elle espère que cette décision juridique sera l’occasion d’une réflexion constructive pour ré-aménager la circulation dans le centre ville de Perpignan et mieux partager l’espace public.

Analyse de la portée juridique de l’arrêt de la cour

Interview de Caroline Forgues, présidente de Vélo en Têt, sur France Bleu Roussillon

Informations sur le double-sens cyclable


Communiqué de presse Vélo en Têt suite au jugement de la cour d’Appel de Marseille sur le recours contre la non-mise en place généralisée des doubles sens cyclables (DSC) par la Ville de Perpignan


Les DSC

Les double sens cyclables prévoient qu’en zone 30, dans les rues à sens unique pour les voitures, les cyclistes puissent circuler dans les deux sens, avec une signalisation adaptée. Il a été établi que ce type de circulation n’était pas accidentogène car les voitures voient bien arriver les cyclistes face à eux et modèrent leur vitesse.

L’avantage pour les cyclistes est que cela simplifie leurs parcours en les rendant plus directs (donc bien plus intéressants qu’en voiture) et qu’ils se sentent plus en sécurité. C’est une mesure incitative pour la circulation à vélo en ville. L’espace est dans ce cas partagé de façon plus équitable entre les usagers de la chaussée et cela apaise la circulation automobile

Notre action en justice

Les DSC ont été rendus obligatoires dans les zones 30 depuis le décret du 30 juillet 2008. Les maires devaient par arrêté, installer les DSC dans leurs villes avant le 1er juillet 2010. Or, la ville de Perpignan a certes acté la mise en place du dispositif par arrêté du 10 juin 2010, mais en en excluant 13 rues du centre ville, les plus structurantes pour une traversée cycliste. C’est ce qu’a contesté Vélo En Têt.

Vélo en Têt vient d’apprendre que le Tribunal d’Appel de Marseille lui a donné partiellement raison. Les juges ont affirmé que le maire, par principe, « doit prévoir des chaussées à double sens pour les cyclistes» dans les zones 30 et qu’il ne peut refuser la mise en place des DSC que « lorsque la sécurité de la circulation de la voie publique l’exige ». Or le Tribunal a estimé que pour les 5 rues les plus larges (places Jean-Payra, Bardou Job, rues du Quatre-Septembre, de la République et Maréchal Foch), la Ville n’a pas avancé de motifs suffisants en terme d’impossibilité de procéder à des aménagements rendant possible la mise en place du DSC. Aussi, le Tribunal a annulé l’arrêté municipal qui excluait ces rues, et laisse un délai de 6 mois pour la mise en place des DSC. Vélo en Têt se félicite de cette décision tout en regrettant que le tribunal n’ait pas suivi nos arguments sur les plus petites rues du hypercentre ce qui aurait permis des parcours directs pour les cyclistes sans aménagements spécifiques à condition de limiter la circulation de transit.

Nous pensons qu’il est du ressort de la commune d’organiser la circulation de sorte que la pression automobile devienne moindre sur certains axes en opérant un partage de l’espace urbain équitable entre les différents usagers. Nous restons optimistes car la pratique du vélo urbain se développe et les élus semblent mieux comprendre le problème que constitue la voiture dans les centres urbains. Dans le numéro de septembre 2014 du « Journal de Perpignan », édité par la Mairie, on peut lire : « En ville, la priorité est donnée aux modes de déplacement doux. Afin de proposer une circulation en toute sécurité, des aménagements sont nécessaires ».

Nous souhaitons que la Ville se donne véritablement les moyens de cette volonté. Nous restons persuadés qu’il est urgent d’évoluer en matière de déplacements urbains comme beaucoup d’autres villes l’ont fait et nous sommes prêts à contribuer de façon constructive pour redonner à la ville son charme, sa douceur de vivre et du coup, son attractivité.

A l’envers

Le pont des arcades est devenu un beau carrefour à quatre branches. Le Serrat d’en Vaquer d’un coté, le centre ville via Maintenon de l’autre, l’université par le chemin du canal et le parc des sports par le nouveau tronçon qui débouche sur le Chemin de la Fauceille et le chemin le long du chemin de fer. Sauf que le panneau est monté à l’envers !. Du coup aucun des anneaux ne flèche ce tronçon. Dommage !

Indemnité Kilométrique

Récemment, la Sotranasa a présenté sa mesure expérimentale lors d’une conférence de presse : l’indemnité kilométrique pour ses salariés se rendant au travail à vélo. En effet, le Plan d’Actions pour les Mobilités Actives lancé le 5 mars dernier par le ministère du Développement Durable prévoyait une expérimentation de la mesure auprès d’entreprises volontaires. La Sotranasa fait partie des 19 entreprises française testant cette innovation.

Le 20 Septembre dernier au matin, sur le site de l’entreprise, près de l’abri vélos fraîchement repeint, la conférence de presse à réuni une bonne vingtaine de personnes : élus, associations, dirigeants, salariés et diverses curieux. On y retrouvait bien sûr des membres de Vélo en Têt ainsi que Jean-Michel Henric, élu à la mairie de Perpignan en charge des questions de mobilité. Après les présentations générales du pourquoi, du comment et du avec qui, quelques interactions public/présentateurs sous forme de questions-réponses ont apporté des précisions. Il y a eu aussi quelques perches tendues à la mairie et l’agglomération pour en faire plus pour le vélo.

L’article de l’Indépendant

Notre association avait été consultée les jours précédents par l’Indépendant, qui souhaitait connaître notre position sur cette mesure, afin de faire un article plus complet sur ce sujet. Trouvant la position de la Fédération des Usagers de la Bicyclette tout à fait pertinente, nous avons transmis l’article en question à la rédaction, tout en précisant que cette mesure était une bonne initiative mais que l’augmentation de la pratique du vélo nécessitait avant tout une amélioration de la cyclabilité de Perpignan : en priorité avoir une cohérence et une continuité du réseau cyclable.

Vous pouvez voir ci-contre l’article de l’Indépendant, paru le matin même de la conférence de presse. L’article présente l’affaire comme une carotte donnée aux cyclistes pour qu’ils roulent plus et se fassent de l’argent, tout en faisant de la place aux voitures sur la chaussée. L’indemnité kilométrique pour les voitures, permettant un abattement d’impôt,  est proportionnelle à la puissance fiscale (bien que plafonnée à 7CV depuis 2013), et elle est supérieure aux coûts kilométrique d’usage et donc clairement incitative aux déplacements motorisés. A-t-on vu un article titrant « auto-boulot-magot » pour autant ? Non. L’idée est juste d’être plus juste, de rétablir l’équilibre depuis trop longtemps laissé tel quel. D’ailleurs, si en France cela relève de l’expérimental et de l’innovation, d’autres pays européens l’ont mis en place depuis longtemps à des tarifs variables : 21c€/km pour la Belgique depuis 1997, 19c€/km pour les Pays Bas depuis 1995, 24c€/km pour l’Autriche puis 47c€/Km au delà de 6 Km, 15 c€/Km au Royaume-Uni,… Et les cyclistes ne seront pas les seuls à s’en mettre plein les poches, puisque l’étude du Ministère prévoit 570 M€  par an  d’économie (santé, environnement,…) contre 170 M€ par an de coûts de cette mesure.

L’article laisse ainsi croire à une mesure supplémentaire pour le vélo dont tout le monde devrait se féliciter: « Voyez ce qu’on fait pour le vélo ! C’est beaucoup hein ?! ». Non, ce n’est pas beaucoup, c’est normal de reconsidérer enfin le vélo en tant que mode de déplacement comme un autre, ce qu’a aussi fait l’INSEE. Le grand pas en avant serait de cesser de subventionner le déplacement automobile en mettant fin aux indemnités kilométriques pour les déplacements motorisés individuels. Ce qui n’est pas le cas ici. Modérer les vitesses autant que les propos, c’est cela avoir une vision globale.

Concernant l’indemnité kilométrique pour se rendre à vélo au travail, la position de l’association Vélo En Têt rejoint celle de notre Fédération nationale, la FUB. Elle s’est exprimée à ce sujet dans un des articles de son journal dont vous trouverez plus de détails sur le lien suivant : http://www.fubicy.org/IMG/pdf/VC_124_INDEMNITE_KM_VELO-2.pdf. Quant à la situation locale, Vélo En Têt se félicite de l’initiative de l’entreprise Sotranasa, établie au secteur St Charles. Le succès de cette mesure reste subordonnée à l’amélioration de la cyclabilité de Perpignan, en priorité cohérence et continuité du réseau cyclable. Ce à quoi Vélo En Têt aspire! » 

Travaux

Quand une voie voiture fait l’objet de travaux on met en place une déviation voiture
De plus en plus (mais pas systématiquement) quand un trottoir est barré par des travaux on met en place un fléchage piéton

Pour les vélos cela ne vient à l’esprit de personne…