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Cyclabilité de Perpignan

Rubrique: 

Pour donner du poids au thème de l'urbanisme et des transports,

Vélo en Têt est entré en campagne en organisant une Vélorution

particulière le samedi 16 Mai 2009.

Tous nos adhérents et sympathisants étaient invités à converger,

à vélo évidemment, et en grand nombre, à 16h00

place de la République. Vous vous souvenez sans doute de

la table ronde

que Vélo En Têt avait réunie avant les premières élections en mars 2008.

Sur le même principe, nous avons organisé une rencontre à laquelle

nous avions également invité les représentants des différentes

listes candidates à nous rejoindre.

Après un concert de sonnettes en guise d'ouverture, nous avons proposé au

débat quelques revendications prioritaires :

  • le maillage des itinéraires cyclables en éliminant les interruptions,

-* comme sur la rocade St-Jacques

-* ou au moulin à vent

  • la mise en oeuvre immédiate du [?Code de la rue] dans notre agglomération.

-* en appliquant par exemple les récents décrets

  • la dissuasion de la traversée du centre ville par les voitures,

-* à Perpignan

-* comme à Strasbourg.

  • la réduction de la vitesse à 30 km/h en ville et dans les quartiers,

-* voir ce document,

-* nous l'avions réclamé avenue Panchot.

Ces liens ont aussi été envoyés aux candidats et

à la presse qui a également été invitée.

Nous avons été nombreux, pour interpeller directement les candidats sur ces questions au cours d'un débat nourri. Le compte rendu que nous essayons de dresser ci dessous n'est certainement pas exact ni complet. Vos messages en fin d'article pourrons sans doute le compléter...

Continuité des itinéraires cyclables

  • Katia Mingo (Les Verts - Liste J. Codognès) : La continuité des itinéraires cyclables n’est pas seulement un problème urbain, mais concerne tout le département. C’est un mode de déplacement en ville qui doit être considéré comme une alternative sérieuse à la voiture. La continuité des itinéraires cyclables est une évidence, idem pour les itinéraires piétons continus sécurisés, cela favorise le lien inter-quartiers.

  • Jean-Michel Henric (Liste J.-P. Alduy) : Il faut faire cohabiter l’ensemble des modes de déplacement : piétons- vélos – autos. Rappel du groupe de mobilité qui s’est réuni 5 à 6 fois, rappel de la proposition de piétonnisation du centre ville.

  • Astrid (de Vélo En Têt : «VET» ) : Constat : on s’est concerté pendant 15 ans, très bien, mais chaque fois qu’une nouvelle rue est refaite, le vélo est oublié ou alors on prend la place aux piétons. Ce n’est pas acceptable.

  • Frédéric Gonano (Liste J. Amiel-Donat) : Il faut une cohérence avec les autres villages.Le problème du vélo est un problème d’urbanisme, de propreté, de cadre de vie au niveau du quartier, il faut des aménagements adaptés dans chaque quartier pour ensuite « mailler » les quartiers entre eux.

Il faut penser à l’aspect touristique et développer une liaison cyclable littoral/ agglo.

Il faut une évaluation par concertation des citoyens.

  • Thibaut (VET) : 3 exemples de discontinuité :

-* Toulouges-Perpignan centre

-* Cabestany-avenue Mermoz

-* Canet-Perpignan

  • Jacques (adhérent à VET) : 1 exemple de plus, du vécu : Le Soler-Ste Marie ; il faut traverser Perpignan => Danger ! 1 idée : utiliser les voies d’eau avec les berges non construites comme support à la traversée d’est en ouest (Têt, Basse, Ganganell).

  • Catherine Ormont (Liste J. Amiel-Donat) : Préjudices dans les cités, peur des représailles.

  • Nicolas (étudiant, adhérent à VET et membre d'Energies Citoyennes) : Scandalisé qu’il n’y ait pas de liaison cyclables entre l’Université et le reste de la ville, lieu de vie !

  • François Rivière (Divers droite) : Il faut rendre la ville de demain attractive, accessible et habitable pour les vélos, les piétons, les personnes à mobilité réduite.

Il faut revoir la place de la voiture dans la ville i.e. canaliser la voiture en maintenant une ville agréable, obliger à la règle de prudence du plus fort sur le plus faible ; mettre en place le Code de la Rue pour protéger les piétons et les cyclistes.

  • Françoise Fité (liste J. Amiel-Donat) : C’est indispensable de développer des pistes cyclables sur la ville, mais note que le stationnement sauvage participe à la discontinuité : la bande cyclable du passage à gué est couverte de voitures tous les dimanches matins.

  • Mickaël Cufi (NPA) : Quel projet de société veut-on ? Pour combattre le trafic automobile :

-* Favoriser l’extension et la mise en sécurité des pistes cyclables ;

-* Gratuité des transports publics pour tous ;

-* Construction des grands parkings périphériques.

Pourquoi 90% des voies de déplacements sont-elles réservés aux voitures ?

  • J.-M. Henric : Exemple de continuité : le 4ème pont avec 60% de circulation réservée bus/ vélos, la possibilité pour un quartier de rejoindre le Palais des Congrès.

Voie de bus en site propre : le Mas Roman pour reprendre l’idée des parcs-relais.

Autre partie de Mermoz avec une piste cyclable car sens unique.

  • Thibaut (VET) : Et la continuité de la piste cyclable sur l’Avenue Kennedy ?

  • Katia Mingo : La loi Laure impose de tenir compte de la baisse de la pollution en favorisant entre autre la continuité de la pratique du vélo, des trains, des autocars, du tramway…

Code de la Rue

En introduction, rappel de la situation en Belgique : La rue n’est pas une route, on ne peut donc pas y appliquer le Code de la Route : création du [?Code de la rue].

Rappel également du décret de juillet 2008 sur les sens uniques et les DSC : la ville de Perpignan a jusqu’au 1er juillet 2010 pour mettre tous les sens uniques en Z30 en DSC.

  • Une personne du public : Problème de stationnement : même sur la place République, les arceaux ont disparus. A leur place, les BIP…

  • Jérôme (VET) : Perpignan est une ville idéale pour le vélo ! Mais attention aux fausses bonnes idées (cf le rond-point route d’Argelès) et aux aménagements inadaptés aux vélos.

  • Thibaut (VET) : Il existe des recommandations, produites par un organisme : le CERTU, qui propose des aménagements spécifiques aux insertions et sorties des vélos sur les ronds-points (lieux les plus accidentogènes) mais ils ne sont jamais retenus…

  • Serge (VET) : il faut penser à tous les déficients auditifs et visuels pour qui le vélo est un danger car on ne l'entend pas venir. C'est pourquoi les trottoirs doivent rester aux piétons et les voies cyclables aux vélos. On ne fait pas de la compétition… Il y a un effort de civisme et d’éducation auprès des collèges, lycées et écoles primaires : nécessité de rendre les établissements scolaires accessibles.

  • F. Gonano : Comment fait-on baisser la circulation automobile ? Comment on lutte contre le changement climatique ? Comment on s’y adapte ? Les transports sont une clé. Responsabilisation et contrôle/ évaluation.

  • F. Rivière : Ce n’est pas une histoire de droite ou de gauche. Il faut de la concertation pour tenir compte de l’avis des riverains (le 4ème pont), et généraliser le Code de la Rue.

  • Isabelle (adhérente à VET) : Ici, c’est le tiers-monde du vélo ! Il faudrait nous prendre au sérieux !

  • Thibaut (VET) : Ministère du MEDAD édite un fascicule dans lequel il y a des précision sur les trottoirs mixtes/ vélos, et le Code de la Rue qui concerne les quartiers.

  • Une personne du public : Les BIP sont totalement inadaptés, ce sont des vélos de cirque !

  • Katia Mingo : C’est de la surenchère politique. Il faut voir sur internet ce qui s’est fait sur certaines villes (Strasbourg, Maastricht) => l’éducation des enfants en ce sens devrait arriver sur Perpignan.Créer des ZR dans une ville, c’est respecter la mixité ; la ville débarrassée d’un matériel urbain devient ainsi une ville méditerranéenne et de rencontres. Avec bien sûr une politique de déplacements, encore faut-il le vouloir.

  • J.-M. Henric : Rejoint la dame au sujet des arceaux à vélos qui ont disparus, mais convenons qu’il y a eu un gros effort. Il n’y a d’ailleurs pas que les BIP, d’autres vélos sont en location à la vélostation (Locovélo).

Intraversabilité du centre ville

Notre proposition : créer des « boucles de desserte ». Exemples à Strasbourg.

  • Christine Modet (Liste J.-P. Alduy - délégation tourisme) : D’accord sur le principe, mais il faut penser aux commerçants. Le cœur de ville a besoin d’être attractif pour éviter la paupérisation.

  • Serge (VET) : Il existe une brochure de la Fubicy qui prouve que chaque fois qu’un centre ville a été rendu piéton, il y a eu une augmentation du chiffre d’affaire des commerçants seulement 6 à 8 mois plus tard.

  • Claire (VET) : C’est bien la preuve que les cyclistes et les piétons animent un centre ville par leur circulation alternative à la voiture.

  • M. Zidani (Liste J.-P. Alduy) : Il faut y aller doucement. Exemple du Quai Vauban que la municipalité a rendu piéton ; exemple de la mise en place du plan d’entreprise (140 euros/ 1 carte toute l’année).

  • Mickaël Cufi : Code de la Rue, OK mais pas suffisant. Il y a aussi la loi 2005 sur l’égalité des chances, puis échéance 2015 pour une meilleure accessibilité aux personnes handicapées.Un grand principe : la gratuité des transports publics pour tous. Comment ça se finance ? En augmentant les charges des entreprises exonérées de charges. L’erreur : la mise en concurrence des territoires, il faut développer les lignes oubliées (Prades, Céret…).

  • Nicolas (Energie Citoyenne) : Pourquoi aller doucement ? Au contraire, il faut aller plus vite !

  • Katia Mingo : Remettre sur la table le PDU et le rendre en conformité avec la loi.

Le nombre des commerces de centre ville augmente de 30% lorsqu’on le lie avec des zones de circulation touristiques. Le problème des livraisons : exemple de Montpellier, ça marche et c’est créateur d’emplois. Les parkings de centre villes sont une incitation à la voiture, comme les rocades sont une incitation au tout-voiture.

  • F. Rivière : Quai Vauban : pas de commerces de proximité.

Urgence absolue à régler les problèmes de circulation sur les boulevards => remettre sur la table le PDU,renforcer la piétonisation, réserver les parkings en centre ville pour les résidents et les commerçants.

  • VET : Qu’est-ce qu’un quartier ? C’est un lieu de vie, avec ses commerces de proximité. Aujourd’hui et de plus en plus, les déplacements se font vers les grandes surfaces. Il faut donc organiser des modes de développement qui permettent les déplacements vers les petits commerces, les écoles… faire vivre une mixité fonctionnelle pour qu’on soit obligés de se déplacer autrement et de façon durable.

  • M. Zidani : Parkings pour résidents, c’est très bien, mais il ne faut pas dire n’importe quoi : la rocade ouest permettra de dégager le pont Arago (soient 75 000 véhicules/ jour qui n’ont rien à faire dans Perpignan).

  • F. Gonano : Comment remettre de l’humain dans le centre ville ? A 19h, plus de vie, la ville est sale… tout est fermé. Ok pour la piétonisation du centre ville par la concertation : abandonner peut-être à certains moments des éléments de voierie pour ramener la vie. Problème des commerçants : il reste des solutions à trouver.

  • Serge (VET) : Où est la logique : aller dans une grande surface à pied ? se rendre au centre ville en voiture ? Faire de la politique, c’est avoir des ennemis. Décider d’avancer vers plus de voitures dans le centre ou prendre des décisions impopulaires si après elles sont importantes.

  • Thibaut (VET) : Les commerces de périphérie phagocytent les commerces de proximité. Il faut moduler l’offre de stationnement pendulaire et pour résidents dans les parkings de centre ville par une politique tarifaire dissuasive ; destiner l’usage d’un parking à ses usagers. Les transports en communs devraient circuler tard dans la soirée.

Limitation à 30 km/ h

Un constat : la vitesse est la première cause d’accidents en ville.

  • Katia Mingo : Les boulevards périphériques sont une fausse bonne idée : chaque fois qu’on libère de la place pour la voiture on crée une zone d’étranglement.

Problématique du stationnement : contrôler d’abord que les lois sont appliquées.

Les petites rues sont souvent des zones de délestage ; Mettre en place le code de la rue signifie que ces petites rues seraient en Z20 ; Attention ! les piétons sont au premier rang en nombre d’accidents !

  • Serge (VET) : 30 km/ h continus en ville => fluidité du trafic !

  • Thibaut (VET) : Levélo en ville est plus rapide qu’une auto ! Vouloir abaisser la limite maximale de vitesse à 30 km/h, cela signifie faire baisser la vitesse de pointe maximale des voitures, cela ne modifie pas leur vitesse moyenne, ni la durée de leurs déplacements par conséquent.

  • Francis ( VET) : les urgences :

-* Réduire la vitesse à 30 km/ h en ville

-* Créer des parkings à vélos pour les enfants des écoles.

  • J. Amiel Donat : Appréhender globalement tous les problèmes liés à l’utilisation de la voiture.A lire dans le programme de l’union de la gauche : les parcs-relais, les aménagements des grands boulevards périphériques, la piétonisation totale mais concertée du centre ville et tout ce qui concerne les bus et les vélos.

  • Thibaut (VET) : Rappel : l’association Vélo en Têt assure une veille citoyenne, et est une des seules (la seule ?) association à produire des avis dans les enquêtes publiques et les dossiers d’urbanisme : PDU, PLU, ...

  • Nicolas (Energie Citoyennes) : Un peu de peinture pour peindre une bande cyclable, ça ne coûte pas cher… On a besoin de courage politique pour l’avenir.

  • Une résidente du quartier de la gare : Prévoir des consignes sur le site de la nouvelle gare : un minimum…

  • Jean Codognès : Partout où ils ont été élus, les verts ont appliqué de fortes politiques cyclables en ville. Ma première co-listière Katia Mingo est verte, et j'appliquerai le programme des Verts si je suis élu !

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Quelque soit le résultat des élections à venir, Vélo En Têt promet de rester vigilant et de faire des efforts pour intervenir sur chaque chantier dès la conception du projet. Nous ne désespéronspas de faire annuler un jour une décision de conseil municipal non conforme aux réglementations en vigueur qui sont favorables aux modes alternatifs à la voiture...

Nous remercions tous les adhérents de Vélo En Têt qui se sont déplacés, les membres du public qui sont intervenus, et bien sûr tous les candidats qui ont répondu à notre appel, et qui ont supporté deux heures de débat sous un soleil estival et brûlant !